Japon – 3ème partie

Du 27 décembre 2017 au 8 janvier 2018, Japon : Tokyo

Les trois temps d’une valse à Tokyo :

-passé- présent-futur-

 

              Au fur et à mesure de notre cheminement japonais, nous nous passionnons toujours plus pour le pays. Après avoir vécu quelques expériences singulières, nous nous apprêtons à découvrir la mégalopole Tokyo.

 

             Le 27 décembre, nous sommes impatients. Après avoir traversé une partie du plus grand pays du monde (la Russie), nous allons maintenant découvrir la ville la plus peuplée du monde (selon l’ONU) : TOKYO et ses quelques trente huit millions d’habitants ! C’est à dire plus de la moitié de la population française dans une ville ! Le point le plus à l’Est de notre route avant l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Des quartiers où la densité d’habitants dépasse aisément les dix-quinze milliers d’habitants au kilomètre carré ! Parmi eux, Hikaru a accepté de nous accueillir chez lui via couchsurfing.com, toutes les personnes hébergées ont laissé des commentaires hyper positifs. Il nous a donné rendez-vous à Shibuya devant la statue du chien venu attendre son défunt maître chaque soir pendant dix années. C’est très amusant de nous retrouver à Shibuya à 9h30 car le célèbre passage piéton est vide à cette heure, le quartier se réveille à peine. Aussi étonnant que cela puisse paraître, le passage piéton est en réalité petit. Large certes, mais vraiment court en distance. Hikaru arrive, aujourd’hui c’est son dernier jour de travail avant les vacances. Il nous accompagne chez lui, son appartement se trouvant à une quinzaine de minutes en train de Shibuya. Très simple et très sympathique, Hikaru a gardé de son passage en Australie l’accent (peut-être qu’il en sera de même pour nous). Le quartier où il habite est résidentiel, d’un très grand calme et avec peu d’immeubles. L’agencement intérieur est le même que chez Kotaro, comme chez ce dernier pas besoin de clef car Hikaru ne ferme pas non plus. En même temps que nous, il héberge un couple mexico-allemand (très gentils). Hikaru et les amoureux partent en ville, nous restons. Avant de partir, Hikaru nous dit de faire entièrement comme chez nous et que ce soir il rentrera tard. Il est adorable.

             Après notre prise de repère, nous filons prendre le métro en direction du centre chinois pour la demande de visa. Ce n’est pas à côté et c’est seulement deux minutes avant la fermeture que nous y parvenons. Heureusement l’homme au guichet est d’une rare gentillesse dans ce type d’administration. Il parle un excellent anglais, il nous donne les formulaires à remplir et des conseils. Comble de tout il n’est pas surpris que nous souhaitions faire notre demande en tant que français non-résident au Japon. En mai 2017, la Chine a fait passé une loi qui stipule que chaque demande de visa doit être demandée dans son pays d’origine, dans notre cas la France, et nous avons lu de nombreux témoignages de voyageurs n’ayant pas réussi à l’obtenir hors de leurs frontières. Le comportement de l’homme nous donne espoir, même si nous dit-il, il faut faire vite car c’est les vacances japonaises dans deux jours. Par ailleurs, deux français rencontrés dans le transsibérien avaient eux réussi à le faire à Oulan-Bator en Mongolie, alors que c’était devenu impossible apparemment. Essayons et nous verrons. Nous voulons y croire, la Chine est un pays très important dans notre itinéraire.

Intérieur métro japonais rétro chic

            Pour le retour, bizarrement, nous faisons tout pareil mais n’arrivons pas au même endroit. Étrange… avant d’arriver à Tokyo, nous avions pensé télécharger une application pour nous aider à nous guider dans le métro, mais aucune ne proposait l’ensemble du réseau. En réalité, c’est compréhensible. Regarder une carte du réseau de transport de Tokyo (pas entière) ressemble à première vue à un immense gribouillage de lignes bien tracées et de couleurs. Premièrement à Tokyo, les lignes sont exploitées par différentes compagnies (parfois sur les mêmes trajets). Deuxièmement, ce que nous pensions être des métros sont des trains. Explications, le métro roule sous terre, les trains sont à la surface, les mono-rails sont les trains aériens (sans oublier les tramways et bus). Troisièmement, le prix est en fonction de l’itinéraire. C’est un peu compliqué au début mais la gymnastique entre les boutons physiques (pour le nombre de personnes) et l’écran tactile s’apprend facilement. Sur la carte au dessus de la borne, il faut repérer la station de destination, en dessous est marqué son tarif. Au guichet il faut retirer un ticket du même montant (si erreur il y a, des agents avant la sortie permettent de faire un réajustement tarifaire du ticket s’il est insuffisant). Quatrièmement, pour aller sur le quai, il faut essayer de marcher dans le sens de circulation (c’est à dire comme les voitures au Japon : à gauche), faire la queue où c’est marqué au sol. Cinquième étape, ne pas se tromper sur le train arrivant. Il y a le choix entre local, semi-express et express

Un des très nombreux passage à niveaux dans la ville de Tokyo

(et de différentes compagnies pour rappel). Selon la  rapidité du transport, la destination sera desservie ou non. Au début c’est comme un jeu d’énigmes grandeur nature.

           Mais le métro japonais est un des plus bel exemple de moyens de transports. Il est d’une propreté époustouflante, avec des toilettes et de l’eau en accès libre presque partout. La ponctualité pourrait être son nom. Enfin, malgré qu’il soit très fréquenté, la plus grande surprise vient des japonais. De tout âge, parlant anglais ou non, les premières fois où nous bloquions à résoudre l’énigme du comment faire, à chaque fois un-e japonais-e s’est arrêté-e pour nous aider. Toujours avec cette gentillesse et cette vertu du respect propre à eux. Le respect est un trait essentiel de la culture japonaise. Par exemple nous sommes étonnés de voir de nombreux japonais porter leurs portefeuilles dans la poche arrière de leurs pantalons, en le laissant même dépasser. C’est que le vol est quasiment inexistant. La quiétude japonaise est plus que présente dans les rues de Tokyo.

            Le soir Barbara fait un travail monstre en préparant le dossier pour le visa chinois, il faut fournir un itinéraire complet et toutes les réservations d’hôtels pour 1 mois (comme elle a déjà été en Chine elle a plus de connaissances sur le sujet). Nous dormons sur la mezzanine et en somme gênés car Hikaru dort sur son matelas gonflable sous l’escalier. Mais nous l’assure-t-il, il n’y a aucun problème pour lui. Il arrive à dormir partout. Le jour suivant nous filons au centre porter notre dossier, il n’y a pas le monsieur mais une dame. Avec elle cela se passe moins bien, pour passer les détails cela semble compliqué de déposer notre dossier. En plus il faut refaire les réservations d’hôtels car nos deux noms doivent apparaître. Nous enrageons, nous hésitons à laisser tomber. Et puis non, nous refaisons tout dans un café. 15H45 nous voilà de retour, cette fois le gentil monsieur est là surpris de nous revoir avec le dossier. Il nous confirme que la dame s’est emmêlée le matin dans son explication. Il ouvre nos passeports, nos passages en Turquie et en Iran le font grimacer. Le problème dit-il, c’est que la procédure d’obtention du visa va prendre plus de temps à cause de ces tampons. Sûrement jusqu’au 10 janvier (soit plus de 2 semaines) mais nous ne nous pouvons pas rester au Japon jusque là. Il essaie de voir pour un visa express, c’est non. Le plus simple, après nous avoir donné tous les conseils, est de le faire au Vietnam ou au Laos nous murmure-t-il. Il ajoute discrètement « et beaucoup moins cher ». Merci pour tout, nous essayerons !

              Sur le retour nous faisons un arrêt dans un magasin d’électronique car au Japon, les touristes sont exemptés de TVA en plus d’une ristourne si le paiement est par carte. A Kyoto déjà, nous en avions profité pour acheter une liseuse. Bien que nous sommes tous les deux amoureux des livres papiers la liseuse nous offre un gain de poids énorme. Contents de notre achat, Aurélien réfléchit à investir dans de nouveaux objectifs photos (le prix est vraiment intéressant) pour la suite du voyage. Au retour chez Hikaru, à la sortie du train, un spectacle fascinant apparaît au loin. La silhouette du Mont Fuji se dessine dans la nuance crépusculaire. Quelle beauté, quel contraste ! A l’appartement, un nouveau couple marié remplace celui de la veille : Cruz est mexicain, Leilani est américaine (d’Hawaï). Hikaru n’est pas encore rentré. Nous en profitons pour faire connaissance, le courant passe simplement et rapidement entre nous. Le lendemain, nous essayons d’obtenir le visa vietnamien mais c’est déjà les vacances pour le personnel. Nous décidons d’en faire de même avec nos démarches administratives. Nous nous baladons dans Tokyo, les rues de la ville sont très clairsemées et calmes. Peu de bruits, klaxons exceptionnels, le code de la route est respecté (même les piétons). Même dans le métro, ce n’est pas la cohue. Sauf dans les grandes stations comme Shinjuku ou Shibuya.

Passage de Shibuya

 

         D’ailleurs c’est ce dernier quartier que nous rejoignons. Et c’est déjà la tombée du jour. Effectivement, dans ce quartier, il y a beaucoup de monde. De la gare aux trottoirs, agoraphobe s’abstenir. C’est un flux continu multidirectionnel de lignes humaines. Concernant le passage piéton, c’est divertissant de voir les deux blocs se gonfler en attendant le feu vert. On croirait qu’une mosh part (danse dans le hard rock où des groupes se rencontrent) se préparent. Mais non, chacun se croise simplement. Le quartier est plein d’enseignes lumineuses, boutiques de marques mondialisées et d’autres farfelues, d’affiches mangas et autres panneaux publicitaires, et d’une foule très hétéroclite. De retour chez Hikaru, nous rencontrons son ami Asahi. C’est tous ensemble (Cruz, Leilani, Josh un américain nous ayant rejoint, Asahi, Hikaru et nous) que nous nous mettons en quête d’un bar dans le quartier voisin de Shimokitazawa. Ce quartier est une perle, à la fois vivant et calme. Nous nous rendons vite compte que lorsque nous sommes nombreux, à Tokyo, il est important de réserver. Nous finissons par trouver notre bonheur dans un bar à l’intérieur charmant, où nos passons une délicieuse soirée, animée par nos différentes conversations. Avec Hikaru, Leilali et Cruz notre amitié est évidente et géniale. Hikaru c’est un peu maître Yoda, toujours calme et avec ses petites phrases amusantes toujours justes. Cruz c’est les conversations sur tous les sujets, les merve